Petit compte-rendu du débat sur France 3.
Ce matin j’ai participé sur France 3 Lorraine à un débat politique entre PS, UMP, UDF-MD et FN. Interrogé sur le gouvernement Fillon, j’ai dénoncé l’opération politicienne que représente ce gouvernement.
Ce gouvernement qui se prétend d’ouverture alors qu’il n’est qu’une opération de débauchage de quelques personnalités pour lesquelles les convictions et l’honnêteté envers leurs partis et ses militants comptent moins que la carrière. Le but de cette entreprise de débauchage est d’étouffer le Mouvement Démocrate dans l’œuf et de détruire le Parti Socialiste pour qu’il ne reste qu’un seul parti : la toute puissante UMP ! Ce gouvernement reprend nombre de ministres du gouvernement précédent (Alliot-Marie, Darcos, Bertrand, Hortefeux…) auxquels vient s’ajouter Alain Juppé. Celui que les Français ont chassé de Matignon en 1997 revient comme numéro 2 du gouvernement alors qu’il est sous le coup d’une condamnation correctionnelle définitive pour des faits commis dans l’exercice de son mandat d’élu. Comment voulez-vous après cela enseigner la morale aux enfants ! Je prends l’engagement, si je suis élu député, de déposer une proposition de loi pour rendre inéligible à vie tout élu condamné pour des faits délictuels et à fortiori criminels.
J’ai dénoncé encore une fois la tentation d’un Etat UMP, quasi soviétique, trustant tous les pouvoirs : présidence, gouvernement, assemblées, hautes autorités, médias, presse, économie… Le député de l’UMP qui participait à ce débat a pris cela à la rigolade, mais lorsqu’il a été interrogé sur les ambitions législatives de l’UMP en Lorraine, il a avoué que son parti espère rafler la quasi-totalité des circonscriptions.
Drôle de changement ou de « rupture » (il paraît que ce gouvernement est un gouvernement de rupture) qui consiste à reconduire les sortants, même lorsque – comme c’est le cas dans la circonscription de Thionville est – celui-ci a 21 ans de mandat de député derrière lui !
Nous avons abordé ensuite des questions moins politiciennes comme celle de l’emploi ou de la TVA sociale. J’ai dis ma conviction que nous sommes à un tournant de l’histoire humaine, qu’il nous faut tout repenser : un développement économique écologique, un mode de vie moins dispendieux des richesses naturelles et moins polluant, qu’il ne sert à rien de vouloir rechercher à être compétitif avec la Chine puisque le coup du travail y est 40 fois inférieur au nôtre et qu’il nous faut donc inventer quelque chose de neuf… Et que tout cela doit se penser à l’échelle globale pour se décliner localement.
Le débat n’est pas terminé. Nous allons le poursuivre tout au long de cette campagne… du moins avec celles et ceux qui veulent bien débattre.

Monsieur Mertz,
Je souscris en plein à votre analyse et le socle de votre projet pour une nouvelle société, avec l’écologie en contrepoint de toutes les actions politiques de demain.
Toutefois, je reste extrêmement sceptique envers les pouvoirs publics pour infléchir la donne libérale ou ultralibérale, qui s’avère auto-destructrice et ultraconsommatrice. Je prendrai pour seul exemple le ministère de l’agriculture, « infecté » par les lobbys industriels de la chimie, en perpétuel collusion d’intérêts avec les multinationales de ce secteur.Ce qui conduit à une agriculture intensive et empoisonnée, je pèse mes mots.
A quand une transparence sur la réalité agricole et sur le contenu de nos assiettes ?
Quel action collective peut être menée , en partant de la base citoyenne, pour combattre un tel scandale, une telle atteinte, si organisée, à notre intégrité physique et à celle de nos enfants ?
Par ailleurs, je pense avec force que les convictions fortes de gauche pourront redonner une assise au parti socialiste de demain, car il s’agit d’abord , aujourd’hui, de freiner la machine mondiale libérale et d’inventer de nouvelles solidarités. Quitte à paraître conservateur. Que signifie réformer, bouger, changer si le but est la course à l’échalote ? Je crois aussi que beaucoup de grandes décisions doivent se prendre avec une vision à moyen ou long terme, ce qui serait une vraie révolution pour la politique. Je crois que la gauche de demain peut construire la politique de l’être, et laissons à la droite consumériste la politique de l’avoir.
Je vous remercie d’avance de me lire, et si le temps ne vous est pas trop compté , de m’envoyer une réponse à mes interrogations.
Bien à vous
Ludovic Perez
Graine de résistance
Le paysagiste Gilles Clément explique qu’il annule ses engagements avec l’Etat. Décision dictée par l’élection de Sarkozy, qu’il juge porteur d’un projet néfaste pour la planète.
Par Eliane PATRIARCA
QUOTIDIEN : samedi 19 mai 2007
Sa radicalité détonne dans le paysage français, où les frontières politiques s’amollissent jusqu’à faner. Vendredi, le paysagiste Gilles Clément, intervenant aux 46e Journées des plantes de Courson (Essonne), a transformé sa conférence en manifeste politique. Une déclinaison du communiqué figurant sur son site web (1) depuis l’élection présidentielle. Le théoricien du «jardin planétaire», créateur du parc André-Citroën ou du jardin du musée du Quai-Branly, annonce qu’il annule «la totalité des engagements pris auprès des services publics et privés sur le territoire français, à l’exception des instances officielles ou non officielles où, de façon avérée, s’établit la résistance». Explications du jardinier-écrivain, dont le dernier livre s’intitule Une écologie humaniste (2).
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Pourquoi cette prise de position publique ?
Je refuse de cautionner un projet qui va dans le sens d’une destruction de la planète et n’est pas conforme à ce que j’estime humainement acceptable.
En quoi ce projet vous paraît-il destructeur ?
C’est un projet ultralibéral, qui favorise la santé des entreprises plutôt que la santé humaine, où l’économie domine, où les fluctuations de la Bourse commandent, où la pollution devient une monnaie d’échange avec les droits à polluer et le marché du CO2. L’humanité est au bout d’une chaîne de fabrication et de prédation, et nous dépendons d’une diversité biologique qui est aujourd’hui réduite par notre activité et par l’arasement, à travers l’agriculture, des conditions nécessaires à cette diversité. Nous vivons en accélérant des mécanismes dévastateurs pour l’eau, le sol, l’air, les aliments, au service de la tyrannie boursière.
Mais cela n’a pas commencé le 6 mai…
Les choses étaient engagées très largement, mais il y avait encore une plasticité, des possibilités de discussion. Même si depuis douze ans, nous étions dans une sorte de laminoir nous engageant dans une voie unique. Avec Nicolas Sarkozy, on s’engage de façon absolue dans ce système ultralibéral et cynique.
L’élection de Royal aurait-elle changé cela ?
Le choix du 6 mai nous fait descendre de plusieurs étages d’un coup ! Le programme de Royal était un programme de société, et non de castes. Il y avait la perspective qu’elle s’entoure de gens compétents.
Juppé est nommé ministre du Développement durable, concept que vous dénoncez…
C’est un mauvais oxymore. Comme le dit un économiste américain, dans un système fini comme celui de la planète, il faut être fou ou économiste pour imaginer un développement infini. Sous des apparences de belles idées, le développement durable sert de caution à des pratiques non écologiques. L’exemple le plus frappant, ce sont les biocarburants, qu’on présente comme «la» solution. Ce n’est que de la poudre aux yeux pour maintenir l’industrie automobile, et éviter que le choix de la voiture soit débattu. Sur un plan environnemental, c’est une aberration. Ils polluent à peine moins l’atmosphère que les carburants traditionnels, et pour faire un litre de biocarburant, il faut un litre de pétrole !
Vous avez déjà annulé des engagements ?
Oui, des interventions dans des organismes dépendants de l’Etat. Je préfère perdre des chantiers, et aller en trouver ailleurs ou réduire mes dépenses. Le pouvoir, l’argent ne m’intéressent pas. Au départ, je voulais tout annuler, mais, depuis mon communiqué, j’ai eu beaucoup de réactions. Et je me suis aperçu qu’il y a des lieux de résistance où il est possible de travailler : collectivités locales, associations…
Vous écornez votre image consensuelle.
Cela fait trente ans que je dis des choses que personne n’écoute. On dit : «Il est gentil, il fait de beaux jardins. » La liberté, l’invention, la culture sont aujourd’hui en danger.
(1) http://www.gillesclement.com (2) Ed. Aubanel.
Monsieur,
je partage vos inquiétudes quant à l’avenir de la planète et, singulièrement, quant à la santé de nos enfants plongés dans un environnement pollué. Je vous recommande de lire à ce sujet le dernier livre du professeur Belpomme justement intitulé « Avant qu’il ne soit trop tard ».
Tout cela doit nous conduire à agir partout où nous le pouvons : aider à la prise de conscience de nos concitoyens, faire évoluer les mentalités, inventer un nouveau mode de vie induisant de nouveaux modes de production et de consommation, orienter l’action des collectivités locales dans cette direction… les pistes sont multiples et toutes les bonnes volontés sont les bienvenues.
Vous avez raison, au final, pour notre civilisation, il s’agit de passer de l’ »avoir » à l’ »être ».
Bien à vous.
Bertrand Mertz
Monsieur Mertz .
Je vous confirme que ce gouvernement est investi d’un unique mission. Ecraser le peuple Français unique, par ses diversités.
Mardi 22 mai 2007 Fillon dynamise ses troupes pour les législatives en cognant sur la gauche
PARIS (AFP), 19:55
© AFP
Le premier ministre Francois Fillon (c) avec les parlementaires UMP, le 22 mai 2007 à l’Hôtel MatignonFrançois Fillon a voulu galvaniser mardi les parlementaires UMP pour la campagne des législatives en appelant à « une mobilisation totale » et en pilonnant une gauche qui a, selon lui, « perdu la bataille idéologique » et celle des « valeurs ».L’événement
Le Premier ministre a réuni à la mi-journée députés, sénateurs et élus européens de l’UMP, certains UDF ralliés à la majorité présidentielle ainsi que la quasi-totalité de ses ministres autour d’un buffet dans le parc de l’Hôtel Matignon.
« Une nouvelle campagne électorale a commencé, elle exige une mobilisation totale, elle exige de ne pas céder à la facilité et au triomphalisme », a-t-il lancé alors que certains, à l’UMP, craignent que les sondages donnant une large victoire au parti de Nicolas Sarkozy ne démobilisent l’électorat de droite.
« Face à ceux qui, à gauche, rêvent d’une cohabitation stérile, nous allons rassembler une majorité claire et ouverte à tous les talents (…) Ensemble nous allons chercher la victoire », a insisté M. Fillon, sous les applaudissements.
Alors que son prédécesseur Dominique de Villepin, qui n’a jamais affronté le suffrage universel, avait entretenu des relations détestables avec sa majorité, M. Fillon s’est posé en leader de « la bataille des législatives » en soulignant que lui-même irait au front en se présentant dans la 4ème circonscription de la Sarthe, où il a toujours été élu entre 1981 et 2002.
« J’irai comme vous et avec vous » pour apporter au président Sarkozy « une majorité décidée et créative », a-t-il lancé aux invités, parmi lesquels figuraient également des députés UDF (Maurice Leroy et Jean-Christophe Lagarde, anciens lieutenants de François Bayrou…) et des ministres issus de la gauche, Eric Besson et Jean-Pierre Jouyet.
Surtout, le Premier ministre a porté la charge contre la gauche, accusée de refuser « d’ouvrir les yeux sur le monde » et de s’enfermer dans un « conservatisme borné ».
Dénonçant une nouvelle fois les « insultes » du PS à l’encontre des ministres « d’ouverture », il a affirmé que la gauche avait « perdu la bataille idéologique », « la bataille des valeurs ». « Pour tout dire, elle a perdu son magistère intellectuel et moral ».
« Dans sa défaite », a dit François Fillon, « la gauche attendait la droite classique au pouvoir pour remonter la pente aux législatives. Elle escomptait encore et toujours nous diaboliser, nous stigmatiser, nous caricaturer. La gauche attendait une vieille droite, crispée, dogmatique, la voici devant une droite et un centre modernes et conquérants ».
Un discours musclé qui a séduit les élus UMP, la plupart se félicitant d’avoir reçu « une feuille de route claire et ambitieuse » avec le rappel des réformes à venir (service minimum, « revalorisation » du travail, sécurité, universités…) qui entraîneront, selon M. Fillon, « un choc de croissance ».
« C’était un discours politique clair, net, ferme, un discours de chef de campagne. Une élection n’est jamais gagnée d’avance donc il faut se battre comme si nous étions dans la pire des situations, comme si Ségolène Royal avait été élue », a estimé Dominique Bussereau, nouveau secrétaire d’Etat aux Transports.
Pas question de s’attarder sur les tensions au sein de l’UMP, après que Jean-Pierre Raffarin eut appelé lundi au « respect de l’équilibre et de la diversité » au sein du parti. « L’atmosphère est sereine et heureuse. Personne n’a piqué la place de personne », a tranché Jérôme Peyrat, conseiller politique de M. Sarkozy.
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