60 mesures, tout un programme

26 janvier 2012 par bertrand-mertz

GHollande etJe vous invite toutes et tous à lire et partager ce programme du changement que nous allons réussir ensemble par notre mobilisation.
En avant!
Le changement,
c’est maintenant
!
Cliquez sur : http://francoishollande.fr/le-projet

Tout l’intérêt du Sillon Lorrain

24 janvier 2012 par bertrand-mertz

J’ai défendu ce midi sur le plateau de France 3 ma conception du Sillon Lorrain, réunion des 4 grandes agglomérations d’Epinal, Nancy, Metz et Thionville. Sans cette union de nos forces, notre territoire ne saurait attirer de grandes fonctions métropolitaines supérieures : université, centres de recherches, hôpitaux, centres de décisions économiques, grands équipements culturels…
Au-delà des opinions politiques locales, le rassemblement que nous organisons avec Michel Heinrich, André Rossinot, Dominique Gros et moi-même ne peut qu’être bénéfique pour l’avenir des lorrains, j’en suis convaincu!
• A voir sur: http://www.pluzz.fr/13-avec-vous-en-lorraine-2012-01-24-13h00.html

Que penser de la fraude aux prestations sociales?

23 janvier 2012 par bertrand-mertz

Selon le gouvernement, la fraude aux prestations sociales coûterait 4 milliards d’euros chaque année. C’est en tout cas ce que Xavier Bertrand a indiqué. Mais d’où vient ce chiffre utilisé par le ministre de la Santé et du Travail? D’un rapport d’information présenté en juin dernier par le député UMP Dominique Tian. L’élu des Bouches-du-Rhône, qui est aussi président de la Mission d’évaluation et de contrôle des lois de financement de la sécurité sociale (Mecss) de l’Assemblée Nationale, semble être en pointe sur le sujet. Il sera d’ailleurs l’invité de l’UMP thionvilloise pour une conférence lundi 23 janvier.
Mais son évaluation n’est pourtant qu’une estimation basée sur une extrapolation faite à partir d’une trentaine d’auditions et de quelques visites réalisées par la Mecss. Et des évaluations, il en existe beaucoup d’autres, puisqu’il est difficile d’établir un chiffre précis de la « triche » à l’échelle nationale. En septembre 2010, la Cour des comptes avançait un chiffre compris entre 2 et 3 milliards d’euros. En mai 2008, le Conseil d’analyse stratégique (CAS) estimait, après avoir comparé la situation française avec celle du Royaume-Uni, que la fraude aux prestations coûtait chaque année à l’Etat 5,5 milliards d’euros.
La fraude sociale ne se limite toutefois pas aux seules fausses déclarations de certains particuliers en vue d’obtenir de meilleures prestations (RSA, allocations familiales, prestations de la Sécurité Sociale). Selon une circulaire interministérielle des ministres de la Justice et du Budget de mai 2009, la fraude sociale se définit comme « toute irrégularité, acte ou abstention ayant pour effet de causer un préjudice aux finances publiques, commis de façon intentionnelle« . Il faut donc aussi comptabiliser les problèmes liés aux cotisations des entreprises et des employeurs qui ne déclareraient pas leurs salariés.
La Mecss estime donc que la fraude aux cotisations, notamment due au travail au noir, représenterait entre 8 et 15 milliards d’euros. Dominique Tian évalue qu’ »entre 10 et 12% des entreprises sont en infraction et 5% à 7% des salariés ne sont pas déclarés« , alors que – toujours selon lui – seuls 1% des allocataires feraient de fausses déclarations. La Cour des comptes calcule au total 15 milliards d’euros de fraudes sociales, et donc estime à une dizaine de milliards d’euros la fraude des employeurs.
Mais il ne s’agit là que d’évaluations établies, je le répète, à partir d’extrapolations. Dans les faits, seuls 458 millions d’euros de fraudes sociales ont été détectées en 2010, soit 19% de plus qu’en 2009. Sur ce montant total, la fraude aux cotisations sociales représente plus de 40% des montants détectés (185 millions d’euros), devant la fraude aux prestations de l’assurance maladie (156 millions d’euros), avec un tiers des sommes détectées, et la fraude aux prestations versées par la branche famille qui s’élève à 20% (90 millions d’euros), expliquait Xavier Bertrand en juin dernier devant la Mecss.
La lutte contre la fraude sociale n’a donc rapporté qu’un demi-milliard d’euros, quand le déficit de la Sécurité Sociale s’établit à 18,6 milliards d’euros en 2011.
Mais le Président de la République ne s’embarrasse pas pour autant de précautions. Le 15 novembre 2011, à Bordeaux, Nicolas Sarkozy a fait des fraudeurs aux prestations sociales d’aujourd’hui les fossoyeurs du modèle social conçu en 1945 par le Conseil National de la Résistance, c’est-à-dire en quelque sorte des traîtres à la patrie. Le détournement des prestations sociales, tel serait le mal qui rongerait notre pays, selon lui, et expliquerait ses difficultés budgétaires. « La fraude, c’est la plus terrible et la plus insidieuse des trahisons de l’esprit de 1945. C’est la fraude qui mine les fondements même de [la] République sociale » a ainsi déclaré le chef de l’Etat, montrant sa détermination face à ces comportements. Et ajoutant : « Nous devons être sans indulgence contre les fraudeurs et les tricheurs. »
Mais dans son discours, pas un mot sur les profits réalisés par les grands laboratoires pharmaceutiques, rien sur les dépassements d’honoraires de tant de médecins spécialistes pourtant formés par l’université publique, rien sur les coûteux scanners prescrits à tout-va, etc.

Il faut bien entendu agir contre la fraude aux prestations sociales, de la même manière qu’il faut lutter contre la fraude fiscale. Mais il faut agir réellement plutôt que de bavarder sur le sujet dans le but d’attiser encore davantage les tensions qui existent déjà dans la société. Et jeter en pâture à l’opinion publique ceux qui trichent ne règlera pas le problème.

Mais ne s’agirait-il donc pas une fois de plus de faire diversion ? Poser la question, c’est y répondre !

Le discours d’un futur Président

22 janvier 2012 par bertrand-mertz

« Ils ont échoué parce qu’ils n’avaient pas commencé par le rêve. »

C’est par cette citation de William Shakespeare que François Hollande a entamé la conclusion de son magnifique discours du Bourget. Une référence à Shakespeare dans la bouche d’un grand leader politique, d’un futur Président de la République, çà pose un homme !

Et il poursuit : « Le rêve, c’est la confiance dans l’avenir, la démocratie qui sera plus forte que les marchés, que l’argent, que les croyances, que les religions. Le rêve, c’est la promesse républicaine autour de l’école, de la laïcité, de la dignité. C’est le creuset qui permet d’être à égalité de droits et de devoirs. Le rêve français, c’est une force, c’est le projet que je vous propose. »

Puis il conclut avec force : « La France n’est pas un problème, la France est la solution. Le changement, c’est maintenant ; l’espérance, c’est maintenant ; la République, c’est maintenant ; dans trois mois, nous ferons gagner la gauche et nous réussirons. »

Il a raison de dire qu’il faut remettre du rêve dans la politique. Le rêve ce n’est pas s’abandonner à la rêverie, c’est au contraire, comme le disait Jaurès, « partir du réel pour aller à l’idéal. »

Ce discours de François Hollande marquera sans doute un tournant dans l’histoire du PS, celui d’une volonté retrouvée de changer vraiment la société dans le sens de la Justice sociale. C’est le vœu que je formais dans un texte que j’avais publié sur Médiapart et que j’avais intitulé « Pour un nouveau Socialisme ». Le Socialisme gestionnaire de la crise du Libéralisme ne suffit plus face à l’ampleur de celle-ci et au désastre entrainé par la politique de la droite. Nous devons retrouver notre ambition de transformer les choses et c’est ce que François Hollande a annoncé ce dimanche.

Jeudi il dévoilera sa plateforme présidentielle qui précisera les choses. A jeudi donc …

François Hollande, l’homme du changement

17 janvier 2012 par bertrand-mertz

François Hollande était aujourd’hui en Moselle. Arrivé en gare de Thionville, je l’ai accueilli à sa descente du TGV. Martine Aubry l’accompagnait dans ce déplacement.
Il a tout d’abord rencontré le Collectif de chômeurs «Thionville Philadelphie» qui l’attendait sur le parvis de la gare pour un échange amical et sincère.
Puis, sur une proposition que je lui avais faite, il a visité l’usine Akers de Thionville. C’est M. Philippe Bello, directeur de l’usine, qui nous a conduits tout au long de cette visite passionnante d’un site industriel, leader mondial de la fabrication de cylindres de laminoirs. Vous vous souvenez sans doute que cette usine a bénéficié d’un important investissement que j’avais eu l’honneur d’inaugurer en septembre dernier. François Hollande et Martine Aubry ont rencontré les salariés de cette entreprise thionvilloise, et les représentants syndicaux, dans un climat chaleureux. Et je n’oublie pas que c’est dans cette usine que mon père a fait son apprentissage dans les années 1950. A l’époque, elle s’appelait Lorraine Escaut…
Puis, nous nous sommes rendus en mairie de Gandrange pour une rencontre avec les syndicats du groupe ArcelorMittal. Le candidat socialiste a tenu un discours de vérité, sans promesse inconsidérée, mais en expliquant ce qu’il sera possible de faire pour défendre nos entreprises notamment en ne permettant pas à l’actionnariat d’une entreprise de la fermer alors qu’elle est rentable. La loi devra envisager de tels cas de figure de façon à ce qu’un repreneur puisse intervenir. François Hollande a rappelé que les niveaux de rentabilité financière démentiels demandés aux entreprises étaient la véritable cause des décisions de liquidation et que c’est inacceptable.
Mais pas d’annonce fracassante comme la Droite se prépare à en faire avant chaque échéance électorale et comme cela sera encore le cas cette fois-ci, j’en prends le pari. Les Thionvillois se souviennent de Daewoo, d’Interpane et d’autres annonces encore qui n’ont pas eu de suite au lendemain des élections.
François Hollande ne dira jamais «avec moi tout est possible», il laisse ça à d’autres ; mais il dit ce qui est possible, ce que nous pourrons faire si nous venons aux responsabilités, sans rien cacher des difficultés. Mais aussi en rappelant que l’espérance se construit collectivement et que le changement commence maintenant.
Et nous avons terminé par une rencontre en mairie de Metz où des centaines de sympathisants l’attendaient.
De mon côté, j’ai organisé pendant ce dernier moment du déplacement de François Hollande la rencontre entre des représentants syndicaux du CNPE de Cattenom et Bernard Cazeneuve, député-maire de Cherbourg et porte parole de François Hollande sur les questions énergétiques, qui était du voyage spécialement pour cela. Il a confirmé ce que François Hollande avait dit quelques heures plus tôt à la presse, c’est-à-dire que le CNPE de Cattenom n’est nullement concerné par l’accord PS-EELV. Ce que j’avais expliqué de mon côté depuis que l’ump faisait courir une rumeur sans fondement.
Une chose est sûre : le changement c’est maintenant et il est en marche !

C’est une politique qui a été dégradée, pas la France

14 janvier 2012 par bertrand-mertz

Je dispose de peu de temps ce matin pour rédiger ce billet, mais je ne peux pas partir vers mes obligations du jour sans avoir dit quelques mots sur la dégradation de la France qui perd son triple A. Et d’abord que je ne pense pas que ce soit la France et encore moins les Français qui sont dégradés, mais la politique conduite depuis 10 ans et aggravée depuis 5. Sur les 1650 milliards d’euros de dettes de la France, 600 milliards d’euros sont à mettre directement au passif du quinquennat qui se termine. Et je rappelle à tout ceux qui disent que tout le monde est coupable, droite comme gauche, que la dernière fois que la France a amélioré la situation de sa dette, c’était sous le gouvernement Jospin. Rappelez-vous, à l’époque on parlait même de cagnotte. La politique qui est sanctionnée aujourd’hui est une politique qui a été faite de cadeaux fiscaux aux plus riches (niches fiscales, bouclier fiscal…) et de mauvaise gestion. Et la stratégie mise en œuvre depuis quelques mois maintenant, à coup d’impôts nouveaux qui pèsent sur les classes moyennes et même sur les plus modestes, a aggravé la situation économique du pays, le plongeant maintenant dans la récession. Tout ce que j’ai écris et publié sur le sujet depuis des mois, dans la presse ou sur ce blog, visait à expliquer que cette stratégie (si toutefois l’on peut parler de stratégie à propos d’une politique aussi inconstante et peu clairvoyante) était funeste. Nous y sommes ! La dégradation de la note de la France, c’est la signature de l’échec de Nicolas Sarkozy.
Et le pire est encore à venir. La France va maintenant payer plus cher pour s’endetter et ce sont les banques qui vont en profiter sur le dos des Français. Je vous renvoie à un précédent billet : « Pourquoi faut-il que les Etats paient 600 fois plus que les banques ? »
C’est notre responsabilité, à nous socialistes, de proposer une stratégie de sortie de crise aux Français, qui s’appuiera sur toutes les forces de la France, portée par notre candidat, François Hollande, qui sera à Thionville mardi. Il viendra, sur ma proposition, visiter l’usine Akers, leader mondial sur le marché des cylindres de laminoir. J’ai inauguré en septembre dernier l’important investissement fait par le groupe Akers à Thionville et j’avais publié dans Libération, avec Nicolas Bouzou, une tribune économique dans laquelle nous citions l’exemple de cette unité de production thionvilloise. Vous vous en souvenez peut-être. Cela a retenu l’attention de François Hollande qui sera donc là mardi pour visiter cette PME industrielle qui, malgré la crise, reste vaillante, et pour parler de la ré-industrialisation de notre pays. François Hollande avec lequel je viens d’avoir un échange par SMS sur la question de la perte du triple A et ses conséquences. Mais çà, je le garde pour moi ! Bonne journée à toutes et à tous.

Devoir de mémoire et d’inventaire

11 janvier 2012 par bertrand-mertz

Une fois de plus, le RL me fait l’honneur, dans sa rubrique « murmures politiques », de s’intéresser à mon blog. Il est vrai que c’est toujours pour m’égratigner (c’est un euphémisme). Aujourd’hui, c’est mon avant dernier billet intitulé « Pourquoi faut-il que les Etats paient 600 fois plus que les banques ? » qui est visé. Je relève tout d’abord le compliment qui m’est fait et j’en remercie l’auteur : « Bertrand Mertz reste prompt à élever le débat politico-économique et en fait régulièrement la démonstration sur son blog ». C’est très aimable de le relever. Mais si l’auteur de ces lignes veut bien explorer mon blog, il constatera que la critique qu’il a ajoutée à son propos ne tient pas. En effet, il ou elle écrit que « la Droite n’est pas la seule mère du capitalisme et de la finance. Qui ont largement prospéré, au nom du réalisme, avec les socialistes ». Et de citer les privatisations ou DSK, patron du FMI.
On n’enfonce jamais aussi bien les portes que lorsqu’elles sont déjà ouvertes.
J’invite donc cet auteur anonyme à se reporter à mon texte intitulé « Pour un nouveau Socialisme » et publié par Médiapart le 1er octobre 2010 et lisible depuis mon blog !

Dans ce texte, je livre mon analyse très critique du bilan d’un siècle de combat socialiste et social-démocrate. Je fais, pour commencer, le constat suivant : « Cette situation paradoxale s’explique par le fait que cette crise s’inscrit dans une perspective historique de fond : celle du renoncement au Socialisme. En effet, c’est au moment même ou le Capitalisme s’est mis à avoir de sérieux ratés que les socialistes, partout dans le monde, ont déclaré leur ralliement à l’économie de marché. »

Et c’est bien parce que j’ai fait ce constat il y a déjà longtemps que je me suis engagé au PS avec la volonté d’agir, selon mes modestes moyens, pour redonner à l’idéal socialiste son vrai sens. Et c’est précisément là tout le sens de mon engagement ! Celui pour un Socialisme démocratique, humaniste et agissant pour l’égalité entre tous les êtres humains.

Et si on peut toujours critiquer les socialistes français, il faut aussi rappeler au peuple français que les socialistes sont à l’origine, avec leurs alliés, de tous les grands acquis sociaux dans notre pays : les congés payés, la sécurité sociale, la diminution de la durée travail etc. Et même lorsque la droite a voulu faire avancer une cause, elle n’a pu le faire qu’avec l’appui de la gauche comme par exemple la loi sur l’IVG, portée par Simone Veil, votée en 1974 avec le soutien de la gauche contre une partie de la droite alors au pouvoir.

Quant à la politique de la gauche au pouvoir, j’ai l’habitude de dire qu’elle se fixe au point d’équilibre du rapport de forces entre le capital et le travail, pour employer une terminologie classique. Et souvent ce rapport lui est défavorable en raison de l’insuffisante mobilisation du monde du travail et de la pression très forte exercée par le capital relayé par la droite.

Une dernière remarque : çà n’est pas en désespérant les citoyens en général et les lecteurs du RL en particulier qu’on aidera à améliorer les choses et notamment à provoquer cette nécessaire mobilisation citoyenne sans laquelle la gauche est impuissante face aux forces de l’argent. Cà aussi c’est à méditer !

A propos de la TVA « sociale »

7 janvier 2012 par bertrand-mertz

La TVA « sociale », telle serait la nouvelle panacée pour résoudre tout à la fois nos problèmes de déficits budgétaires et sociaux et l’épineuse question de la concurrence des pays à bas coûts salariaux et donc incidemment celle non moins douloureuse des délocalisations. C’est un sujet complexe et qui donne lieu à des débats qui ne le sont pas moins. Ainsi mon ami l’économiste Nicolas Bouzou s’est-il déclaré favorable à la mise en œuvre d’une telle mesure. Vous pouvez trouver ses arguments en ligne.
Mais que disent en général les partisans de la TVA « sociale » ? Ils prétendent qu’elle lutterait contre les délocalisations en faisant baisser les coûts de production en France grâce à la baisse des cotisations des entreprises. Cela aurait pour effet de rendre plus compétitifs les produits français par rapport aux produits importés. Il faut tout de suite faire remarquer que les délocalisations se poursuivent, et s’accélèrent même ces temps-ci, alors que cela fait dix ans que les baisses de cotisations sociales s’ajoutent les unes aux autres. Mais surtout, il faut dire que les produits locaux seront eux aussi renchéris. Taxer la consommation des ménages ne pénaliserait donc que secondairement les importations. Un rapport du Sénat de janvier 2009 établit la relation entre consommation des ménages et importations. Il montre que le contenu moyen en importations de la consommation des ménages n’est en effet que de 14 %. Ce pourcentage résulte des chiffres calculés par l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Ce rapport qui entre dans les détails montre que le contenu en importations de la consommation des ménages se situe entre 8 et 10 % pour les produits agro-alimentaires, 20 % pour les meubles, 35 % pour l’automobile, 40 % pour le textile. Quant à la baisse des cotisations sociales, son effet sur l’emploi n’est pas non plus prouvé, comme l’ont souligné plusieurs rapports de la Cour des comptes. 70 % des baisses de cotisations (soit une vingtaine de milliards des 32 milliards d’exonérations annuelles) sont concentrés dans le secteur des services, peu exposé aux délocalisations.
Prétexte donc que la question des délocalisations et celle du financement de la protection sociale et des déficits ! La vérité c’est que dans la doctrine libérale l’impôt progressif sur le revenu (IPR) n’est pas un bon impôt puisque c’est un impôt juste. C’est ce que je disais brièvement à Nicolas Bouzou dans l’échange que nous avons eu à ce sujet sur Facebook. Si l’on veut substituer de l’impôt aux cotisations sociales, alors seul l’IPR peut jouer ce rôle et un IPR juste c’est-à-dire véritablement progressif. Ce qui nécessiterait une refonte complète de celui-ci tant il est devenu illisible.
A l’inverse, l’utilisation de la TVA dans ce but aura pour conséquence que la résorption des déficits et l’amélioration de la compétitivité de nos entreprises ne se feront pas à proportion des moyens de chacun mais à proportion de ses besoins ou plus exactement des besoins qu’il pourra plus ou moins satisfaire. C’est le contraire du principe républicain qui veut que chacun contribue à proportion de ses moyens.
Il faut donc se mobiliser contre cette volonté présidentielle qui reste dans la droite ligne des réformes voulues depuis le début du quinquennat. Sur ce sujet comme sur tous les sujets économiques, ou autres, que j’ai abordés sur ce blog depuis longtemps déjà, je reste à la disposition de tous les acteurs politiques locaux qui voudront bien venir en débattre avec moi. Le débat doit se situer à ce niveau- là. Le reste n’est pas digne et ne sert qu’à détourner nos concitoyens de ce débat public qui les intéresse pourtant !

Pourquoi faut-il que les Etats payent 600 fois plus que les banques ?

2 janvier 2012 par bertrand-mertz

C’est la question que posent Michel Rocard et l’économiste Pierre Larrouturou dans une tribune parue dans Le Monde aujourd’hui.
Je ne résiste pas à l’envie de vous citer un passage en particulier de leur texte qui est très intéressant :
« Est-il normal que, en cas de crise, les banques privées, qui se financent habituellement à 1 % auprès des banques centrales, puissent bénéficier de taux à 0,01 %, mais que, en cas de crise, certains Etats soient obligés au contraire de payer des taux 600 ou 800 fois plus élevés ? « Etre gouverné par l’argent organisé est aussi dangereux que par le crime organisé », affirmait Roosevelt. Il avait raison. Nous sommes en train de vivre une crise du capitalisme dérégulé qui peut être suicidaire pour notre civilisation. Comme l’écrivent Edgar Morin et Stéphane Hessel dans Le Chemin de l’espérance (Fayard, 2011), nos sociétés doivent choisir : la métamorphose ou la mort ? »
Dans la tribune que nous avons publiée cet été dans Médiapart Nicolas Schmit, Jo Leinen et moi, nous avions commencé à aborder cette question. Et dans notre conférence commune à Thionville il y a quelques semaines, j’ai rappelé que cette situation aberrante est le résultat de décisions politiques déjà anciennes. La loi du 3 janvier 1973 en France qui prévoit dans son article 35 que « le Trésor Public ne peut être présentateur de ses propres effets à l’escompte de la Banque de France. » Dispositions reprises à l’article 104 du Traité de Maastricht et à l’article 123 du Traité de Lisbonne. Il a donc été fait interdiction aux Etats de se financer à un taux d’intérêt faible auprès de la Banque Centrale Européenne (BCE). Il leur a été fait obligation de se financer sur le marché privé. Et j’ai rappelé ce chiffre : depuis 1973 le contribuable français a payé 1400 milliards d’euros d’intérêts d’emprunts aux banques. Et je rappelle que la dette de la France se situe actuellement à hauteur d’environ 1650 milliards d’euros.
Ce système a permis aux Banques de gagner beaucoup d‘argent en ruinant les Etats. Et le pire, c’est que çà continue dans les conditions rapportées par Rocard et Larrouturou. En effet, les banques sont autorisées à emprunter auprès de la BCE à O,01% pour ensuite prêter aux Etats à des taux très élevés (7% pour l’Italie par exemple ). C’est cela qu’il faut absolument changer au plus vite, sans quoi aucune sortie de crise n’est envisageable et les gesticulations du Président de la République n’y changeront rien.
Et la question de la parité euro / dollar doit aussi être traitée rapidement. C’est ce thème que nous avions abordé avec l’économiste Nicolas Bouzou dans notre tribune de Libération en septembre. Ce sont ces questions qui sont déterminantes. C’est de cela qu’il faut débattre actuellement si nous voulons être au cœur des enjeux de notre époque et si nous voulons apporter des réponses efficaces. J’espère que la campagne présidentielle puis celle des législatives se situeront à ce niveau-là !

Voeux pour 2012

2 janvier 2012 par bertrand-mertz

La politique de la ville, que mon équipe et moi-même menons, s’inscrit résolument dans une perspective positive malgré la crise. C’est ainsi que, à côté d’autres réalisations, la construction prochaine de la médiathèque « 3e Lieu » est un acte de confiance dans notre futur. Outre que son édification participera à l’effort d’investissement nécessaire pour préparer l’avenir, sa réalisation offrira aux Thionvillois, et en particulier à la jeunesse, des perspectives d’épanouissement inédites. C’est là le sens de toute mon action !

Mais je n’oublie pas que l’année qui s’est achevée aura été un temps d’incertitude avec un chômage record, la perspective d’une récession et un triple A chancelant. La dégradation de ce dernier rendrait plus difficile les conditions de remboursement d’une dette accumulée au cours de 30 années d’un capitalisme insensé que rien n’aura su contenir. Malgré des sommets « de la dernière chance » successifs, la situation économique s’obstine à être préoccupante. La mesure définitive qui guérirait l’Europe et l’euro malades n’a pas encore été mise en œuvre. Cependant, je ne pense pas que nous soyons condamnés à vivre définitivement dans cet état de crise. Pour en sortir, il faut que, sur les plans politique et économique, tout soit entrepris pour retrouver la prospérité. Laquelle devra cette fois-ci être mieux maîtrisée et partagée. Les efforts demandés, et qui sont nécessaires, seront d’autant plus librement consentis qu’ils seront justement répartis. La participation de chacun devra être proportionnée à ses moyens. Nous devons par conséquent nous sentir concernés aussi bien individuellement que collectivement.

2012 sera donc une année d’espérance. J’espère qu’elle sera aussi une année de changement dans notre pays. Je souhaite à chacune et chacun d’entre vous une bonne et heureuse année.
(texte intégral des voeux publiés dans le RL de ce jour)