Donnons de la force au changement
14 mai 2012 par bertrand-mertzRetrouvez moi sur mon site de campagne
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Au cours des précédentes commémorations du 8 mai, j’ai souhaité rendre hommage aux victimes de la Shoah, à nos alliés américains qui débarquèrent sur les plages normandes le 6 juin 1944, aux héros de la Résistance intérieure qui se sont illustrés tout au long de cette guerre, et au Général Leclerc et à la IIe DB.
Je veux aujourd’hui, en ce 8 mai 2012, évoquer devant vous une date essentielle et pourtant méconnue dans l’Histoire de la IIe Guerre Mondiale : le 27 mai 1943.
Ce jour là fut créé, par la volonté du Général De Gaulle, le Conseil National de la Résistance. La présidence en fut confiée, par le chef de la France Libre, à son délégué général : le Préfet Jean Moulin.
Le CNR se réunit pour la première fois dans l’appartement de René Corbin, au premier étage du 48 rue du Four à Paris.
Étaient présents à cette première réunion les représentants des huit mouvements de la Résistance, ceux des grands syndicats et des principaux partis politiques. Pour les dirigeants de la France Libre, il fallait unifier les différents mouvements de la Résistance intérieure, lesquels étaient apparus spontanément dès l’abrogation de la République par le régime de Vichy et l’occupation de la Patrie par les nazis
C’est la grandeur de Jean Moulin d’avoir su donner corps à cette improbable union de ceux qui croyaient au communisme avec ceux qui croyaient au libéralisme, de ceux qui croyaient au Ciel avec ceux qui n’y croyaient pas, tous unanimes dans la lutte qui devait contribuer à terrasser le régime totalitaire nazi qui avait ébranlé le monde.
Pour une cause qui était plus grande qu’eux, ces hommes ont été capables de se sublimer et de mettre de côté les ambitions politiques dont ils étaient porteurs. Voyant bien au-delà de l’horizon de leurs propres vies, ils ont dès 1943 envisagé la victoire et organisé l’avenir de la France libérée.
C’est grâce entre autres au Conseil National de la Résistance que, en même temps que sa liberté, notre Patrie a pu retrouver sa souveraineté. Avec l’AMGOT nos alliés américains avaient en effet planifié l’administration de la France, comme celle des pays vaincus, par le commandement militaire américain.
Le Général De Gaulle, considérant à juste titre que cette ingérence dans les affaires intérieures de la France par un pays ami mais néanmoins étranger n’était pas tolérable, s’opposa énergiquement au plan américain ; et le gouvernement des États-Unis renonça finalement à son projet.
L’esprit du CNR, celui d’une France libre et souveraine, avait triomphé. Surmontant leurs divergences politiques, les différents courants essentiellement communistes, socialistes et gaullistes sont parvenus à la conclusion d’un compromis historique avec l’élaboration, et l’adoption le 15 mars 1944, d’un programme de gouvernement pour la France de l’après-guerre
Des mesures à fortes imprégnations sociales furent mises en œuvre par le gouvernement provisoire de la République dirigée initialement par le Général De Gaulle. L’esprit de 1789 et de 1936 soufflait à nouveau sur notre pays.
L’application de ce programme a organisé toute la vie sociale et économique de la France de la seconde moitié du 20e siècle.
Il s’agit essentiellement de la mise sous contrôle par la Nation de :
- l’énergie avec EDF – GDF, des grands barrages hydrauliques et des charbonnages de France,
- des assurances,
- des banques avec notamment la Banque de France.
Mais aussi de la création des comités d’entreprise, lesquels ont si grandement amélioré les conditions du travail salarié.
C’est encore au CNR que nous devons la mise en place de notre système de retraite par répartition ainsi que la création de la sécurité sociale.
Et il est à la fois vertigineux et en même temps rassurant de penser que tous ces grands acquis sociaux, auxquels nous sommes justement si attachés aujourd’hui, ont été pensés et décidés au cours de la période la plus sombre de l’histoire humaine.
L’essor des progrès économiques et les avancées sociales furent, dans les années d’après-guerre, si prodigieux que nous qualifions toujours celles-ci de « glorieuses ».
Nous voici donc réunis, une fois encore, pour ranimer la flamme de l’esprit libre, celui de la Résistance et de ses valeurs universelles incarnées par ces hommes, eux-mêmes animés par les plus nobles sentiments humains.
Et d’abord Jean Moulin, dont j’ai déjà évoqué la mémoire ici même et auquel notre ville a dédié une esplanade face la gare, en lui donnant son nom, lors d’une émouvante cérémonie au mois de janvier dernier.
Il nous faut ressentir à cet instant le regard de Jean Moulin qui perce nos consciences, ce regard barré d’une lumière pénétrante sous l’ombre du chapeau, et qui est aussi l’ombre de l’époque dans laquelle il a vécu, dans laquelle il s’est battu et dans laquelle il est mort.
L’épreuve de la nuit de l’occupation et de la collaboration a été pour la France et pour les Français un révélateur de la véritable identité française. C’est vers cette identité là que marchaient Jean moulin et les membres du CNR.
Il leur a fallu lutter pour elle ; il leur a fallu mourir pour elle. Mais ils savaient pourquoi !
C’est que la France est davantage qu’un pays, davantage qu’un territoire, davantage qu’une Nation. La France est une idée ! La France est un flambeau qui éclaire et qui guide la marche des espoirs humains ; et qui proclame encore et toujours : Liberté pour tous, Egalité pour tous, Fraternité pour tous.
Et nous toutes et nous tous qui sommes rassemblés ici sur cette place devant l’Autel de la Patrie, et tous les Français, tous nous devons aussi au Conseil National de la Résistance d’être les citoyens de ce grand pays libre.
Vive la République !
Vive la France !
Le journal luxembourgeois Tageblatt vient de publier la tribune que nous avions écrite à 4 mains avec Nicolas Bouzou, économiste, le député européen allemand Jo Leinen et Nicolas Schmit, ministre de l’emploi du Grand-Duché. Ce dernier y ajoute un propos liminaire qui insiste sur la pertinence de notre analyse faite il y a 2 mois et sur le caractère prémonitoire de nos propositions qui sont aujourd’hui celles faites par Mario Draghi, Président de la Banque Centrale Européenne (BCE). Pour le lire, cliquez ci-aprés:
Tageblatt 28 4 2012
Dimanche 6 mai, se jouera dans les urnes l’avenir de la France. A quelques jours de ce scrutin majeur pour le pays, le site wwww.7minutes.tv vient de m’interroger sur mes attentes et mon positionnement à l’approche de l’issue de cette élection présidentielle 2012 pour laquelle j’appelle, bien entendu, à voter François Hollande.
• Pour visionner cet entretien, merci de cliquer ici.
Hier soir, au Casino municipal à Thionville, nous étions 350 pour accueillir Jean-Marc Ayrault, mais aussi Alex Bodry le président du Parti socialiste luxembourgeois (LSAP), pour un diner républicain. Beaucoup de ferveur et d’enthousiasme et le sentiment que la victoire approche. Continuité ou changement, c’est le choix que devront faire les électrices et les électeurs le 6 mai.
Dans mon discours, j’ai posé la question de la continuité idéologique qui se met en place entre Sarkozy et Le Pen, ce que j’ai appelé le « Sarkolepenisme ». Le « vrai travail » dit Sarkozy, bientôt il parlera des « vrais Français ». Tout cela ne sent pas bon, tout cela n’est pas conforme à la République française. Dimanche 6 mai, aux urnes, citoyens !
Je lis les commentaires de certains sur le 1er tour de l’élection présidentielle à Thionville. Voila ce qu’il faut en penser selon moi. Le résultat du 1er tour à Thionville doit être regardé avec objectivité. Nicolas Sarkozy à 30%, cela n’a rien d’étonnant. Cela est conforme à la place de l’UMP dans notre ville, d’ailleurs en recul net par rapport à 2007.
Mais où sont ses réserves de voix pour le 2ème tour ? Il n’y en a pas ! Evidemment, la porosité qui existe maintenant entre l’UMP et le FN lui laisse espérer une progression le 6 mai. Mais cela n’a rien de glorieux.
De notre côté, les formations politiques alliées dans la municipalité dépassent les 38 %, ce qui est encourageant si l’on compare ce résultat à celui du 1er tour de la présidentielle de 2007.
Les électeurs ont le choix maintenant entre la continuité avec Sarkozy ou le changement avec Hollande. Je ne doute pas de leur choix !
Demain mardi 24 avril, j’aurai le plaisir d’accueillir Jean-Marc Ayrault à Thionville, au casino municipal, pour un dîner républicain avec les militants et les élus socialistes du bassin thionvillois. La dynamique de campagne pour le 2ème tour est lancée et nous serons très nombreux pour accueillir celui qui, dans deux semaines, occupera de hautes responsabilités aux côtés de François Hollande.
Médiapart vient, à nouveau, d’ouvrir son site à une chronique sur la crise économique européenne qu’avec mes amis l’économiste Nicolas Bouzou, le député européen allemand Jo Leinen et Nicolas Schmit (ministre de l’emploi du Luxembourg) nous venons de cosigner.
• Pour la lire, cliquez ici: chronique avril 2012
Il y aurait tant et tant de choses à dire sur cette grande figure de la Résistance française. Déjà, en 2007, au moment de la disparition de Lucie Aubrac, j’avais écrit un billet sur ce blog parce qu’il n’est pas possible de ne pas être ému lorsque de telles personnalités nous quittent.
Je veux aujourd’hui simplement rappeler une initiative plus récente du couple Aubrac pour laquelle ils s’étaient associés à Stéphane Hessel que j’ai eu l’honneur et le privilège de rencontrer en 2011, vous vous en souvenez peut-être.
En effet, en 2004, à l’occasion du 60e anniversaire de la Libération, ces trois grandes figures de la Résistance s’étaient associées pour lancer un «Appel à la jeunesse». L’objectif était d’interpeller les nouvelles générations sur les conquêtes et les acquis de la Résistance qu’ils estimaient mis à mal.
Et, le 17 mai 2009, pendant le rassemblement organisé par le collectif «Citoyens résistants d’hier et d‘aujourd’hui» (CRHA), Raymond Aubrac prononça un discours sur le plateau des Glières et accepta, aux côtés de Stéphane Hessel, de devenir parrain de l’association.
Raymond est parti rejoindre Lucie. Stéphane, heureusement, est toujours là. Leur exemple nous rappelle le sens et la portée du mot « Résistance ». Les circonstances d’aujourd’hui évidemment sont totalement différentes de celles qu’ils ont connues pendant les années de guerre et d’occupation, mais – comme l’a rappelé récemment Stéphane Hessel dans son texte « Indignez-vous » – nous avons toujours des raisons de résister.
Voici le lien pour (re)visionner mon passage à l’émission « Face à la UNE » de Mirabelle TV.
J’ai aimé m’y exprimer tant d’un point de vue politique que sous un angle plus personnel.
• Cliquez sur: http://www.mirabelle.tv/Mirabelle/Facealaune.html