Une fois de plus, le RL me fait l’honneur, dans sa rubrique « murmures politiques », de s’intéresser à mon blog. Il est vrai que c’est toujours pour m’égratigner (c’est un euphémisme). Aujourd’hui, c’est mon avant dernier billet intitulé « Pourquoi faut-il que les Etats paient 600 fois plus que les banques ? » qui est visé. Je relève tout d’abord le compliment qui m’est fait et j’en remercie l’auteur : « Bertrand Mertz reste prompt à élever le débat politico-économique et en fait régulièrement la démonstration sur son blog ». C’est très aimable de le relever. Mais si l’auteur de ces lignes veut bien explorer mon blog, il constatera que la critique qu’il a ajoutée à son propos ne tient pas. En effet, il ou elle écrit que « la Droite n’est pas la seule mère du capitalisme et de la finance. Qui ont largement prospéré, au nom du réalisme, avec les socialistes ». Et de citer les privatisations ou DSK, patron du FMI.
On n’enfonce jamais aussi bien les portes que lorsqu’elles sont déjà ouvertes.
J’invite donc cet auteur anonyme à se reporter à mon texte intitulé « Pour un nouveau Socialisme » et publié par Médiapart le 1er octobre 2010 et lisible depuis mon blog !
Dans ce texte, je livre mon analyse très critique du bilan d’un siècle de combat socialiste et social-démocrate. Je fais, pour commencer, le constat suivant : « Cette situation paradoxale s’explique par le fait que cette crise s’inscrit dans une perspective historique de fond : celle du renoncement au Socialisme. En effet, c’est au moment même ou le Capitalisme s’est mis à avoir de sérieux ratés que les socialistes, partout dans le monde, ont déclaré leur ralliement à l’économie de marché. »
Et c’est bien parce que j’ai fait ce constat il y a déjà longtemps que je me suis engagé au PS avec la volonté d’agir, selon mes modestes moyens, pour redonner à l’idéal socialiste son vrai sens. Et c’est précisément là tout le sens de mon engagement ! Celui pour un Socialisme démocratique, humaniste et agissant pour l’égalité entre tous les êtres humains.
Et si on peut toujours critiquer les socialistes français, il faut aussi rappeler au peuple français que les socialistes sont à l’origine, avec leurs alliés, de tous les grands acquis sociaux dans notre pays : les congés payés, la sécurité sociale, la diminution de la durée travail etc. Et même lorsque la droite a voulu faire avancer une cause, elle n’a pu le faire qu’avec l’appui de la gauche comme par exemple la loi sur l’IVG, portée par Simone Veil, votée en 1974 avec le soutien de la gauche contre une partie de la droite alors au pouvoir.
Quant à la politique de la gauche au pouvoir, j’ai l’habitude de dire qu’elle se fixe au point d’équilibre du rapport de forces entre le capital et le travail, pour employer une terminologie classique. Et souvent ce rapport lui est défavorable en raison de l’insuffisante mobilisation du monde du travail et de la pression très forte exercée par le capital relayé par la droite.
Une dernière remarque : çà n’est pas en désespérant les citoyens en général et les lecteurs du RL en particulier qu’on aidera à améliorer les choses et notamment à provoquer cette nécessaire mobilisation citoyenne sans laquelle la gauche est impuissante face aux forces de l’argent. Cà aussi c’est à méditer !